Maman, pourquoi l'islam, il tue des gens?, ces mots m'ont fait redescendre sur terre ce matin, brutalement. LaPopinette attentive comme à son habitude a tendu l'oreille vers la radio (france inter pour ne pas la nommer) qu'elle me voyait mieux écouter que d'habitude, et a essayé de comprendre ce qu'elle entendait, comme quoi même quand on fait attention à ce qu'on écoute, toutes les interprétations sont possibles.

ALors bien sûr on a parlé, essayé de comprendre, d'expliquer "non l'islam n'est pas un pays ma fille" et non l'islam ne tue pas oh non, ceux qui tue ce sont des gens. on a parlé des dieux, des méchants. De ceux qui tuent et qu'on comprend pas pourquoi. Ces gens qui légitiment leur actes, qui le justifie par une croyance... On peut leur donner le nom qu'on veut, mais ce sont eux tous seuls, chacun d'entre eux qui l'a décidé, utiliser la religion, la croyance pour légitimer la violence, rien de neuf vraiment,même si ça fait toujours aussi mal, même si c'est toujours aussi innomable; la seule nouveauté possible c'est nos réactions.Le reste...

Bon j'ai pas dis tout ça à MaPopinette bien sûr, j'ai adapté comme j'ai pu à son âge, à ses connaissances.

J'avoue, j'avais pas encore pensé aux enfants, aux miens, enfin si j'y avais pensé mais pas comme ça, j'avais pensé au monde qu'on leur faisait. Mais pas à ce qu'ils vivaient là maintenant, ce qu'ils pouvaient en comprendre. Je parle des miennes bien sûr, si petites, si fragiles. Là on a surtout envie de fermer les portes, de sécuriser notre espace au maximum. Mais non surtout pas, on explique, on enveloppe, on accompagne comme onpeut cet enfant qui grandit. (oui Bébébulle elle elle a pas trop suivi, laissons la en profiter encore). Jusqu'où expliquer, jusqu'où protéger?

La journée a suivit son cours, c'est étrange comment on réagit quand on est affecté, ce qu'on arrive à faire ou pas.

Hier j'étais comme en dehors de tout ça, comme si ça ne m'affectait pas, c'est venu petit à petit et ce matin au boulot je ne savait pas quoi faire, tout me paraissait si futile, inutile? et puis je suis resté quelques minutes seule avec des tout petit entre 1 et 3 ans, et ils m'ont entouré de leur simplicité, de leur jeux, discussions d'enfants, quelques minutes vraiment.

et j'ai vu l'importance de les entourer, d'être là pour les faire grandir, de leur proposer d'autres choses, ça apparait encore plus évident un jour comme ça.

Prendre ce travail dans la petite enfance a été un hasard mais ses derniers mois je me retrouve, j eme trouve, être là tout au début d eleur vie, y participer de façon aussi infime que se soit, c'est déjà quelquechose mais quelquechose d'infiniment important. Nous participons tous les jours à ce monde,

quand j'était petite, j'ai été très marquée par ce livre:

Le livre de la paix par Bernard Benson ,

Je ne sais pas si en le relisant je n'y retrouverait pas forcément la même chose, mais l'esprit que j'y ait trouvé enfant, fait maintenant partie de moi, intrinséquementet ce n'est pas de la naiveté, non c'est une croyance profonde en l'humanité, qui fait ce que je suis.

Je crois qu'écrire ces mots est ma manière de faire front, d'être là, je me sent tellement impuissante parfois, même si je crois profondément en la force du colibri, aux petits gestes, aux petites graines...Ces mots aujourd'hui sont ma contribution, ma goutte d'eau en espérant qu'il y en ai assez pour éviter le pire